la légende du corps de garde

 
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Introduction

Surplombant de son imposante silhouette la ville de Rose-Hill, un sommet d'origine volcanique limé par le temps étends son ombre protectrice jusqu'aux rivages de flic-en-flac. Il s'agit de la montagne Corps de Garde.

Ce que je vais vous raconter aujourd’hui est une autre de ces légendes mauriciennes ou se mêle fiction et horrible réalité dont grand-tante Émelyne était friande. Une légende tenace qui fait état d’un trésor fabuleux niché dans ses flancs de basalte, caché là par des esclaves au cours du 18e siècle.

 

La légende

Au milieu du 20e siècle, une expédition menée par des étrangers fut conduite afin de retrouver ce trésor. Il s'agissait de prouver, une fois pour toute, qu’il n’y avait rien de fabuleux caché à cet endroit là afin d'éviter les morts à répétition des aventuriers en quête de fortune. L’équipe a donc gravit la montagne et a fini par découvrir, caché au cœur d’une anfractuosité difficilement décelable de prime abord, une sorte de gros chaudron.

Jusque là, rien de bien extraordinaire me direz-vous, seulement voilà : lorsque les membres de l’équipe voulurent s’approcher de plus près pour en avoir le cœur net ils furent soudain attaqués par un gigantesque essaim de frelons. Pris de panique, la totalité de l'équipe dévala les pentes de la montagne dans l'espoir d'échapper à la furie des dangereux insectes.

Les secours retrouvèrent seulement deux survivants quelques heures plus tards, il n'y avait pas trace des autres membres de l'équipe. Salement amochés, les deux derniers témoins racontèrent, avant de succomber à leurs blessures, qu'ils avaient bien trouvé quelque chose mais que l'accès à cet endroit de la montagne devait être interdit. Cependant ils firent cette dernière mise en garde, personne ne devait s'approcher de ce qu'ils avaient trouvé sous peine d'y perdre la vie.

Ces paroles ultimes ne découragèrent pas tout le monde pour autant et un autre groupe de personne essaya de retrouver le chaudron décrit par les moribonds. Ils montèrent à l’assaut de la montagne équipés de protection propres à repousser les frelons mais n’eurent pas plus de succès. En effet, ils furent vite redescendus, plus paniqués que penaud d’avoir échoué. Remis de leurs émotions, ils racontèrent que quelque chose avait bien formé un essaim autour d’eux à l’approche de l’anfractuosité mais qu’il ne s’agissait en aucun cas de frelons.

Ils décrivirent des insectes volants, bourdonnants et extrêmement menaçants qui s'étaient massés autour d’eux dès qu’ils s'étaient approchés de l’anfractuosité. Ils précisèrent encore que les insectes s’agglutinaient en particulier autour des yeux pour vous empêcher de voir où vous mettiez les pieds. C’étaient comme si les bestioles savaient que si les intrus dégringolaient depuis ici ils ne s’en sortiraient pas et ne pourrait donc raconter à personne ce qu’ils avaient vu. Ils montrèrent leurs combinaisons de protection pour preuve de ce qu'ils racontaient. Celles-ci n’avaient servi à rien et étaient parsemées de trous béants que des dards normaux de frelons normaux n’auraient jamais pu transpercer de cette façon. Les expéditions s'arrêtèrent là et le fabuleux trésor du Corps de Garde intégra définitivement la légende.

 

Conclusion

Pour en revenir à l'origine de ce trésor, pourquoi les esclaves auraient-ils voulu cacher là leur maigre salaire me demanderez-vous ? Eh bien il faut savoir qu’à l’époque, les maîtres d’esclaves reprenaient l’argent des mains de leurs esclaves aussi vite qu’ils le leur avaient donné.

Les coolies, esclaves indiens et les marrons, esclaves africains, préféraient donc cacher leurs économies, quand ils en avaient, plutôt que d’en profiter. Chose qu'ils auraient difficilement pu faire de toute façon. Beaucoup d’esclaves, travaillant à l’établissement des routes, choisissais pour leur part d’enterrer leur maigre pécule dans le bitume fraîchement coulé plutôt que de le voir retourner dans les poches des maîtres.