Le Jardin des Simples - épisode 1

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Un nouveau rendez-vous

Bienvenue à l’écoute de ce premier épisode des nouvelles Chroniques du Jardin des Simples.

Cette nouvelle chronique vous est présentée par Sorah et Avicenne, les deux experts en potions, simples et alchimie de ma série “Liens et Sortilèges” dont le tome 1 sort le 1er février 2019.

Au fait, n’oubliez pas de vous abonner aux Podcasts et restez à l’écoute ! :-)

 

Un premier débat sur le langage des plantes

Le printemps avait enfin décidé de pointer son nez à Salers, dans le Cantal, et par cette douce matinée ensoleillée, Sorah avait prévu de s’occuper du clos des simples.

Elle s’habilla d’une jupe de coton toute simple, chaussa ses bottes hautes et se coiffa d’un large chapeau de paille sous lequel elle avait rassemblé ses longs cheveux blonds en un chignon lâche.

Elle s’apprêtait à sortir lorsqu’une voix la retint sur le pas de la porte.

– Où vas-tu comme ça ?

Avicenne, le vampire alchimiste qui logeait chez les soeurs Armaciès depuis quelques mois maintenant, s’avança de quelques pas.

– Je vais m’occuper des simples.

– Oh ! Il est vrai que le temps s’y prête bien. Tu m’autorises à t’accompagner ?

Sorah, inclina sa tête de côté.

– Pourquoi pas ? Mais je dois te prévenir que le clos n’est pas ombragé toutefois.

– Aucun problème, j’ai mes petites astuces. Je te rejoins dans quelques minutes.

– Entendu.

Sorah sortit, laissant Avicenne à ses astuces et alla directement dans la cabane derrière la maison pour récupérer son attirail de jardinier.

Elle n’était pas au travail depuis cinq minutes que déjà le volubile vampire arrivait. Affublé d’un large chapeau de feutre noir et d’une cape, il avait aussi pris soin de couvrir ses bras d’une longue paire de gants.

Les lèvres de Sorah se relevèrent en un petit sourire rapide, mais elle ne fit aucun commentaire.

– Alors, qu’avons-nous là, s’enthousiasma Avicenne. Il sentait l’alchimiste en lui désireux d’assouvir sa curiosité.

– Ici, vois-tu, j’ai rassemblé les Scabieuses, une plante très utile dans certaines potions de guérison des maladies de peau entre autre.

– En effet et connais-tu sa petite histoire ?

– Non, c’est plus le domaine d’Hénora cette partie, mais si tu la connais, je serais ravie de l’entendre pendant que nous travaillons.

– Avec plaisir très chère.

“Dans les Alpes, jadis, vivait une nymphe du nom de Phitie, fille d’un centaure et d’une naïade. Elle avait une belle âme, mais des traits disgracieux en plus d’un caractère plutôt sauvage.

Cette nymphe passait son temps à parcourir les montagnes et à cueillir des plantes propres à la guérison des maladies, car elle avait le coeur fort bon et aimait trouver des remèdes.

C’est ainsi qu’elle découvrit un merveilleux secret pour guérir, de façon radicale, une maladie funeste qui était commune à cette époque.

Un jour qu’elle était occupée à laver quelques simples dans une onde courante et limpide, elle vit venir à elle un jeune berger qui la supplia de le délivrer du mal dont il était atteint.

Phitie le prit en pitié et, s’approchant de lui, lui frotta la poitrine avec un baume dont la vertu curative fut si prompte qu’il se rétablit sur-le-champs. Le berger, rempli de reconnaissance, se jeta à ses pieds et la remercia avec ferveur.

Pendant qu’il était à ses genoux, la nymphe le considéra avec attention et le trouva si beau qu’elle sentit un mal inconnu la saisir avec une rapidité fulgurante.

Elle n’osa pas s’ouvrir de cet amour naissant au berger et celui-ci s’éloigna sans se douter du mal qu’il venait de faire à sa bienfaitrice.

Quelques jours plus tard, Phitie passa dans un village où une fête se déroulait. C’était le jeune berger qui épousait une jeune fille qu’il aimait depuis bien longtemps.

La douleur que lui causa cette nouvelle fut si poignante qu’elle ne put la supporter et mourut quelques heures après.

Esculape, dieu de la médecine, la changea en une fleur sombre qu’on nomme Scabieuse et dont les feuilles ressemblent à celle de la grande centaurée, en souvenir de son père, ou bien à une houlette de pasteur, en mémoire de celui qu’elle avait aimé.”

 
 
 
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